Robert GUEDIGUIAN
Réalisateur et Producteur.
Président du Comité de Parrainage
des « Ciné-Rencontres ».
« Neuf heures du matin, l’été.
Soleil très haut.
La journée sera plus belle que la précédente.
Un petit cinéma niché entre les montagnes.
Un film d’Ozu en noir et blanc.
Des fauteuils remplis de spectateurs enthousiastes.
La scène ne se passe pas dans un paradis rêvé par un cinéaste cinglé.
C’était à Prades en juillet 2002. J’y étais.
On ne dit pas assez à quel point les manifestations comme le festival de Prades participent au fait avéré que la France est le pays du cinéma.
J’utilise le mot «manifestation» car Prades manifeste pour défendre le cinéma, tout le cinéma, de tous les genres et de tous les pays, à condition qu’il nous aide à vivre. Qualité sur laquelle on peut se quereller sur les films contemporains mais sur laquelle, aussi, l’histoire ne se trompe pas.
Alors, bien sûr, mes amis et moi-même ne pouvions que souscrire à la création du Comité de Parrainage des Ciné-Rencontres. »
Solveig ANSPACH
Scénariste et Réalisatrice.
« C’était un été, à Prades.
Il faisait chaud, les films étaient beaux et choisis avec soin, le public attentif et curieux. Les échanges sur le Cinéma et la Vie avaient lieu dans un parc à l’ombre de grands arbres déployés, et la nuit je rêvais des images partagées dans un hôtel décadent plein d’histoires du passé...
Aussi, lorsque Jeanne Labellie et Bernard Jubard m’ont demandé de faire partie du parrainage des Ciné-Rencontres, j’ai accepté avec joie, en pensant aux séances et rencontres à venir, au bonheur d’y retourner, de partager et de découvrir de nouveaux films.Aujourd’hui dans ma cour, un olivier pousse, offert par Jeanne. Les arbres et les films ont quelque chose en commun, ils nous parlent de nos racines et dessinent nos rêves. »
Ariane ASCARIDE
Comédienne
« Lorsqu’on est sur un tournage, en plein travail, il arrive qu’une fulgurance traverse l’esprit, y aura-t-il des gens pour venir voir ce film ? Comment seront-ils, comprendront-ils ce qu’il importe de défendre dans ce film ? Alors que nous-mêmes sommes souvent traversés d’énormes doutes sur la nécessité de l’œuvre cinématographique que l’on élabore.
Le temps passe, le film existe, nous échappe et l’on recommence un autre film. Un jour d’été on vous invite à montrer et à parler avec « les autres », « les indispensables », « ceux qui viennent s’asseoir dans les salles obscures », les « qui nous pensent en celluloïd ».
La rencontre se fait souvent sous les ombrages de l’Hostellerie et le miracle s’accomplit, ils prennent pour nous une réalité,…ces spectateurs… et nous leur apparaissons si semblables à eux-mêmes, ils nous poussent dans nos retranchements à force de questions, on les regarde, réconforté de les sentir si proches. De cet échange si convivial et exigeant, une force nous envahit, une envie profonde se répand dans tout notre corps : travailler, filmer, jouer afin de recommencer à vivre encore et encore le miracle. Je parle de Prades, le festival élu de mon cœur. »
Christophe KANTCHEFF
Responsable de la rubrique Culture à Politis
« Le cinéma relie les hommes. Plus qu’une conviction, c’est une réalité, trop souvent masquée par l’injonction du spectacle permanent, qui transforme l’art en objet de consommation et de divertissement. L’an dernier, j’ai découvert les Ciné-Rencontres (au titre déjà éloquent), et cette réalité m’y est apparue de nouveau dans toute son évidence. Elle tenait non seulement à la qualité des films projetés, à la disponibilité de Robert Guédiguian, d’Ariane Ascaride et de sa « tribu », à la générosité de l’accueil de Jeanne Labellie, Bernard Jubard et leur équipe, mais aussi à l’exigence des spectateurs, qui a permis de vivre pendant ces jours de juillet 2002 une riche expérience de réception des films, faite d’échanges et de temps. Alors, quand Jeanne, Bernard, Ariane et Robert m’ont proposé de rejoindre le comité de parrainage, cet engagement-là (et aussi ce cadeau), je l’ai accepté avec joie. »
Jeanne LABRUNE
Réalisatrice et scénariste.
« Je me rends au festival de Prades depuis plus de vingt ans. J’aime y voir des films et y montrer les miens. Cela tient au charme des lieux, au jardin du vieil hôtel où l’on se réunit, cinéastes et public cinéphile, pour discuter pendant des heures à l’ombre des platanes, dans une atmosphère amicale et studieuse. Cela tient aussi au charme de ceux qui organisent ce festival depuis si longtemps, le charme de la simplicité, de l’exigence, de la curiosité et d’un opiniâtre amour du cinéma qui leur a permis de traverser bien des difficultés pour maintenir ces rencontres singulières, nécessaires, où le cinéma contemporain voisine avec celui des Maîtres plus anciens. Rencontres où l’on prend le temps de retrouver un public fidèle, toujours augmenté de nouveaux adeptes, pour qui le cinéma est un art qui mérite le recueillement. Aussi ai-je accepté avec joie de parrainer ce festival pour que perdure une certaine façon de regarder le cinéma. »
Philippe PILARD
Auteur, Réalisateur, Spécialiste du cinéma britannique et Président de l’Agence du Court-Métrage.
Régine VIAL
Distributrice - Les Films du Losange
« Prades 2003 - 44ème édition. Combien de festivals peuvent s’enorgueillir d’un telle continuité et d’avoir mis en valeur des auteurs, tels POLANSKI, LOSEY, MALLE, TAVERNIER, et l’an passé Robert GUEDIGUIAN.
Le travail que mènent les Ciné-Rencontres, non seulement lors du festival mais toute l’année notamment auprès des scolaires, est capital et peut seul permettre que perdure une certaine idée du Cinéma, un cinéma d’auteur exigeant, ouvert, alliant à la fois la richesse du patrimoine et les premiers films de jeunes débutants.
C’est grâce à ces festivals dont Prades est un exemple patent, que vivra ce cinéma que nous défendons.
J’ai donc accepté avec plaisir de faire partie du Comité de parrainage et d’apporter mon concours à une équipe déterminée et enthousiaste. »
Mamad HAGHIGHAT
Réalisateur et Producteur.
Historien du cinéma iranien.